Cathédrale : ses éléments - Les beautés du Tournaisis

Les Beautés du Tournaisis
2000 ans d'histoire
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Les tours
Cinq hautes tours romanes surplombent Notre-Dame de Tournai. Elles sont à peu près d'égale hauteur : 83 mètres. Ces tours, qui couronnent la croisée du transept, annoncent déjà l'art gothique et donnent à la cathédrale une majesté tout à fait exceptionnelle.
La croisée du transept est surmontée d'une imposante tour-lanterne carrée. Pour supporter son poids, quatre énormes piliers la soutiennent, encadrant la croisée. Cette tour est coiffée d'un toit pyramidal octogonal orné de quatre pyramidions disposés aux quatre angles du toit.
Cette robuste tour centrale est flanquée de quatre autres tours de même hauteur, disposées aux quatre angles formés par le croisement des deux vaisseaux, c'est-à-dire de part et d'autre de la naissance des deux croisillons ou bras du transept. Ceci donne à la cathédrale la forme très rare de croix potencée. Ces quatre tours majestueuses, de forme très élancée sont, comme la tour-lanterne, surmontées d'un toit pyramidal, mais à quatre pans cette fois.
A l'est, du côté du choeur, se trouvent la tour Saint-Jean et la tour Marie. Cette dernière est ainsi nommée parce qu'elle héberge le bourdon de la cathédrale, appelé Marie-Pontoise. Ces deux tours sont purement romanes, à l'inverse des tours occidentales, ce qui implique qu'elles furent terminées avant ces dernières.
A l'ouest, du côté de la nef, se dressent les tours Brunin (au nord) et de la Treille (au sud). Ces deux tours, romanes elles aussi, ont néanmoins des baies supérieures gothiques. La tour Brunin donne accès à l'ancienne prison du Chapitre. Elle aurait hérité du nom du premier occupant de cette dernière. La tour de la Treille évoquerait la fabrication du vin qui se faisait à sa base.

La nef romane
On peut voir l'importance des colonnes massives. Au fond le jubé, puis le chœur dont on aperçoit les voûtes gothiques. La nef romane, avec l'amorce de deux tours en façade, ses bas-côtés et ses tribunes, est la partie la plus ancienne de l'édifice ; on la date aujourd'hui de la fin du XIe siècle ou de la première partie du XIIe siècle. A l'exemple des grandes églises anglo-normandes, elle se caractérise par son élévation à quatre étages : rez-de-chaussée, tribunes, triforium aveugle, clair étage. Seules les voûtes des bas-côtés sont d'époque ; celles des tribunes datent du XVIIe siècle, celle de la nef a remplacé un grand plafond plat au XVIIIe siècle. Il est impossible de ne pas être frappé par l'ampleur de cette partie du monument comme par ses proportions harmonieuses et son ordonnance originale ; son décor sculpté, un des plus riches de Belgique, retient aussi l'attention de tous les amateurs d'art qui admirent la beauté des portes « Mantile » et du « Capitole » ainsi que les centaines de chapiteaux différents qui ornent les colonnes de l'édifice. Ceux-ci sont dotés de motifs végétaux, ou d'une décoration animale voire humaine. Ils étaient, au départ, tous polychromés. L'ensemble de la nef était à l'époque peint de couleurs vives. Des traces de couleurs sont d'ailleurs encore bien visibles en de nombreux endroits.
On remarque l'importante épaisseur des murs qui entourent le narthex. A cet endroit en effet, le projet primitif prévoyait deux tours. Plus tardivement on leur préféra l'ensemble de quatre tours qui forment couronne autour de la tour-lanterne centrale qui surplombe la croisée du transept.

Le transept
Le transept, sans avoir l'unité et l'harmonie de la nef, impressionne pas ses proportions; il est long de 67 mètres, large de 14 mètres (autant que transept gothique de Notre-Dame de Paris), et la clef de voûte de sa tour-lanterne s'élève à près de 50 mètres du sol. En effet cette partie de la cathédrale, probablement commencée en même temps que la nef, a été remaniée dans la seconde partie du XIIe siècle : on a voulu construire plus haut et l'on a terminé les bras du transept par une abside circulaire qui atteste l'influence française. À lui seul, ce transept est une église dans l'ensemble de la cathédrale.

Le choeur gothique
Le choeur de la cathédrale peut être qualifié de gigantesque. Il faut savoir qu'à l'époque de sa construction, le diocèse de Tournai était très étendu et très peuplé, et englobait une bonne partie du comté de Flandre dont les villes de Bruges , Gand et de Lille [1], ce qui justifait une cathédrale gothique vaste et majestueuse. Tournai fut ainsi pendant des siècles la capitale religieuse de la Flandre.

Le choeur gothique, d'une longueur totale de 58 mètres, comporte six travées rectangulaires, et se termine par une profonde abside à sept pans. Sa hauteur et sa grande luminosité sont surprenantes pour un édifice du début du XIIIe siècle. Il comporte une élévation à trois étages : les grandes arcades du rez-de-chaussée, le triforium muni de baies composées de deux lancettes jumelées, et les fenêtres hautes du clair étage, au nombre de 19. Comme celui de la cathédrale de Cologne, le style du choeur est inspiré de celui de la cathédrale d'Amiens, mais également de celui de la cathédrale de Soissons.

Le vaisseau central du choeur, ou choeur proprement dit, est entouré d'un large déambulatoire, - appelé carolles dans la région -, sur lequel s'ouvrent une série de chapelles. Outre les cinq chapelles rayonnantes de l'abside, on trouve cinq chapelles au nord, approfondies au XVIe siècle, et cinq autres au sud. Ces dernières sont flanquées plus au sud, de l'actuelle chapelle de prière et de la salle du trésor. La chapelle axiale de l'abside est appelée chapelle Notre-Dame Flamande. Avant la révolution française, toutes ces chapelles étaient richement décorées d'autels et, tout comme le choeur lui-même, de belles clôtures de marbre.

Le jubé ou ambon
A l'entrée du choeur gothique, le jubé crée non seulement une séparation entre les parties romanes et gothiques de la cathédrale, mais il sépare aussi la partie du sanctuaire réservée au clergé de celle réservée aux fidèles dans l'église.

Les jubés, appelés aussi ambons ou chancels, remontent aux premiers siècles chrétiens. Au début, ils n'étaient qu'une sorte de barrière. A partir du VIIe siècle, ils se doublent de chaires pour la lectures des textes sacrés et de tribunes pour les chantres. Le mot jubé provient de la formule latine Jube Domine benedicere (Veuillez, Seigneur, me bénir) que prononce le clerc qui, avant de monter sur la tribune, demande la bénédiction de l'évêque.

Les jubés se sont transformés progressivement en cloisons derrière lesquelles se célébrait en latin une liturgie que beaucoup de fidèles ne comprennent plus et à laquelle ils se sentent étrangers. Cette situation érodait les convictions et la piété des fidèles. Il est dès lors fort compréhensible que les nouveaux mouvements réformateurs et contestataire du XVIe siècle (protestantisme), désireux de renouer avec la foi authentique des premiers chrétiens, leur déclarent la guerre. Ainsi le jubé gothique de la cathédrale de Tournai fut-il abattu par les iconoclastes en 1566.

Quelques années plus tard, les troubles s'étant apaisés, le chapitre des chanoines fit reconstruire ce jubé par le sculpteur Corneille Floris de Vriendt. Celui-ci s'inspira de la tradition des arcs de triomphe romains à la mode à cette époque de la Renaissance. L'influence italienne y est évidente par le type de matériaux utilisés, les différentes teintes et les formes des personnages qui y sont sculptés et exécutés en stuc. Le nouveau jubé, terminé en 1572, est constitué de trois arcades en plein cintre posées sur des colonnes doriques en marbre rouge et des chapiteaux noirs. Il comporte trois belles statues d'albâtre : une Vierge à l'Enfant occupe le centre et est entourée de saint Piat, premier évangélisateur de Tournai, et de saint Eleuthère, un des premiers évêques de la ville.

A cette époque, le Concile de Trente (1545-1563) avait recommandé que le peuple soit encouragé à participer à la liturgie en assistant directement au déroulement des offices. La plupart des jubés qui constituaient une barrière entre les fidèles et le clergé officiant furent dès lors détruits ou déplacés au XVIIe siècle. A Tournai, le jubé fut maintenu parce que les fidèles avaient déjà la possibilité de participer à la liturgie dans la chapelle Notre-Dame, aujourd'hui disparue, qui s'élevait le long du collatéral nord de la cathédrale, et que les offices religieux y étaient bien visibles.
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