Ses remparts - Les beautés du Tournaisis

Les Beautés du Tournaisis
2000 ans d'histoire
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Tournai et ses remparts
Les richesses de la ville face à ses envahisseurs
Après avoir été défendue par une enceinte gallo-romaine et une enceinte épiscopale, Tournai est dotée d’une première enceinte communale dans la seconde moitié du XIe siècle. Cette muraille est octroyée par le roi de France Philippe-Auguste dans une charte royale conférant à Tournai le statut de commune. Contrairement à ses prédécesseurs, nous en conservons des traces hors du sol .

La Ville, à l’étroit dans ces murs, décide au tournant des XIIIe-XIVe siècles la construction d’une seconde enceinte communale


Tournai et son enceinte gallo-romaine
Reconstruite sur base de la fondation et de plans
La poterne de la Loucherie.
Cette construction en partie romane est située à l'emplacement de la poterne de la Loucherie. À l'époque gallo-romaine il existait une enceinte, dont un tronçon long d'une cinquantaine de mètres ainsi que la base de deux tours ont été retrouvés dans le quartier de la Loucherie lors de fouilles menées en 1955. Elle daterait du Bas-Empire (fin du IIIème - début du IVème) et aurait été construite après les raids barbares du IIIème siècle. Compte tenu de l'emplacement des nécropoles romaines, normalement situées hors des agglomérations et de l'hypothèse qu'elle englobait le groupe épiscopal, elle aurait délimité un castrum de 9 à 18 ha. Il s'agirait de l'enceinte dont parle Grégoire de Tours, qui raconte qu'en 575, Chilpéric Ier «s'enferma dans les murs de Tournai avec sa femme et son fils».
Tournai et son premier rempart communal
2720 m de périmètre pour une surface de 47 ha
Après avoir été défendue par une enceinte gallo-romaine et une enceinte épiscopale, Tournai est dotée d’une première enceinte communale dans la seconde moitié du XIe siècle. Cette muraille est octroyée par le roi de France Philippe-Auguste dans une charte royale conférant à Tournai le statut de commune. Contrairement à ses prédécesseurs, nous en conservons des traces hors du sol. Lors de l’aménagement de la première enceinte, les tours ont été construites selon un plan carré. Toutefois, ce système présentait des défauts militaires importants, tels que des angles morts assez conséquents empêchant une défense optimale de la tour et des remparts,

Plus étendue et plus imposante, elle protégeait les quartiers du Marché, de Saint-Piat et de Saint-Brice. Outre cette portion de courtine située aux abords du séminaire, ses portions conservées et protégées par le classement sont essentiellement la tour du Cygne, le Fort Rouge et la tour Saint-Georges. Ses 2720 m de périmètre enserraient 47 hectares du centre (cathédrale, marché, Saint-Piat, Saint-Brice), davantage en rive gauche (2/3) qu’en rive droite en débutant sa construction à la rive gauche.

Ses points encore debout sont, entre autres, la tour du Cygne, le Fort Rouge, la tour Saint-Georges, la Loucherie… La seule porte d’eau (structure de défense) se situait au niveau de la passerelle dite "de l’Arche". L’arche en question fut démolie vers 1830. Les fouilles menées ces dernières années ont révélé de nouvelles données et remis en question ces acquis chronologiques. La portion de la 1ère enceinte a été classée comme site le 5 décembre 1946 (tours, murs de courtine, jardins, plantations et restes de l’enceinte du XIIe siècle).
La tour St Georges
Construite de 1188 à 1202, elle se situe à la rue St Georges (près de la Grand Place) et sera classée "monument" le 20 octobre 1947.
La tour du Cygne.
Même s'il est difficile de donner sa date de construction, elle se situe à l'impasse de la rue du Cygne et est classée "monument" le 12 décembre 1947.

Cette tour est appelée la Tour du Cygne pour des raisons pas tout à fait claires. Il s'agit essentiellement d'une tour de fortification qui devait faire partie des anciens ouvrages défensifs de la ville. Les vestiges sont en fait assez bien conservés. Construite avec une base carrée et coiffée d'une couronne circulaire pour une vision panoramique et des angles de tir complets pour les flèches et autres projectiles.

Les deux parties bien distinctes de la tour du Cygne ont été construites dans le même matériau (pierre de Tournai) et présentent des percements d’époques différentes. La partie basse comprend une baie moderne, tandis que la partie haute conserve l’emplacement de ses créneaux ainsi que des consoles triangulaires qui servaient de support aux mantelets (volets en bois qui occultaient les créneaux). Elle a été reconvertie en logement privé.
La tour du jardin redemptoristes

Tour de plan rectangulaire attachée à la tour du cygne par une courtine qui délimite le jardin des Rédemptoristes et rejoint la tour du Cygne, distante de 35m d'elle.
Se trouvant dans une propriété privée, j'ai malgré tout l'occasion de vous montrer la photo reprise de mon partenaire "les amis de la citadelle". Une demande sera faite au propriétaire pour photographier cette tour une fois son identité connue.
La tour du Cingle.
Classée par Arrêté du Régent, cette tour en pierre située entre rue du Cygne et des Fossés, fait partie de la première enceinte communale du XIIe siècle et se situe entre les portes Pennier (près de l’Escaut) et des Verriers (au niveau de la rue de Courtrai). Cette muraille suit en fait le tracé de la Gallo-Romaine dont des traces sont retrouvées lors de l’enlèvement des gravois et autres débris laissés par le bombardement incendiaire de mai 1940.

À lire : https://www.lavenir.net/regions/wallonie-picarde/tournai/2019/02/25/le-tournai-davant-tour-du-cingle-oubliee-et-sauvee-NEQH5WGLQZCLTGWG7NDBSG7BAY/
La photo a été reprise de l'article qui elle-même provient de l'archive iconographique du Tournaisis.
Le rempart de Choiseul.
Auparavant située à l'avenue Bozière, il est actuellement impossible de trouver des informations à son sujet. A cet endroit, se trouve l'ancien séminaire de Choiseul.
Le Fort rouge.
Tirant son nom de sa toiture tardive en tuiles rouges, le Fort Rouge n’est autre qu’une tour d’angle de la première enceinte communale de Tournai (XIIe- XIIIe siècles) et, à ce titre, un des témoins de la transition militaire opérée, à cette époque, entre plan quadrangulaire et circulaire.

Probablement détruit en 1213, le Fort Rouge est reconstruit en des dimensions plus imposantes permettant de mieux défendre cette portion anguleuse du rempart. Le fort est depuis constitué de quatre niveaux sous une toiture presque conique. Le dernier de ces niveaux dispose de consoles triangulaires qui soutenaient à l’origine des mantelets, volets en bois occultant les créneaux. Suite à la construction de la seconde enceinte communale (XIIIe-XIVe siècles), le fort perd sa fonction militaire. Son fossé (dit Kinsoen) est comblé et la tour est englobée dans la propriété du comte Dumortier.

Le Fort Rouge a fait l’objet d’une rénovation et d’une mise en valeur laissant apparentes les traces du plan originel de la tour. Sa remarquable restauration a été achevée en 2003 pour en faire un apparthôtel. La statue de Martine et son chien patapouf se trouve à son pied et le square Roger Delannay qui a été créé après sa rénovation l'entoure.
Tournai et son second rempart communal
5150 m de périmètre pour une surface de 185 ha
La Ville, à l’étroit dans ces murs, décide au tournant des XIIIe-XIVe siècles la construction d’une seconde enceinte englobant les nouveaux faubourgs de Tournai (seigneuries du Bruille et des Chaufours).

L’enceinte comprenait 18 portes, dont deux portes d’eau fortifiées, et plus de 60 tours. Celles-ci étaient construites sur des plans circulaires, semi-circulaires et en U et étaient dotées d’archères philipiennes. Certaines d’entre elles étaient même renforcées d’étrier, sorte de baie placée sous l’archère qui permettait les tirs défensifs vers la base des tours. elle s'adapte aux évolutions de l'art de la guerre et à un armement plus perfectionné et destructeur. De vastes zones non bâties permettent en ses murs d'être mise en culture afin d'assurer les besoins alimentaires lors des sièges.

Actuellement, Tournai garde quelques vestiges de cette enceinte : le plus connu étant le Pont-des-Trous (seule porte d’eau fortifiée conservée de Belgique), mais également les tours Saint-Jean et de Marvis, situées le long du boulevard Walter de Marvis.
Le pont des trous
Le plus célèbre des remparts qui n'est pont que de nom, le pont des Trous est l'un des plus prestigieux vestiges de l'architecture militaire médiévale de Belgique. Beaucoup de théories existent sur l'origine du nom mais la plus probable est un rétrécissement de "le pont qui mène aux trous", les Trous qui étaient à l'époque le surnom donné aux écluses. Les tours sont plates du côté ville et arrondies côté campagne pour mieux résister aux boulets de canon. C'est à côté de ce pont, sur la rive droite, que se sont trouvés les 2 premiers bâtiments de la gare de 1842 à 1874.

Ce monument unique en Belgique défendait le cours de l'Escaut dans sa traversée de la ville. Les 2 tours furent construites pour servir de porte d'entrée de la ville. La tour de la rive gauche situé au quai des Salines (tour du Bourdiel) a été construite en 1281, tandis que celle de la rive droite située au quai des Vicinaux (tour de la Thieulerie) date de 1304. Construites à 25 ans d'intervalle, les deux tours étaient reliées par une chaîne pour empêcher l'invasion par bateaux puis élaboration d'une courtine avec toiture comme pour les tours. Maintes fois transformées pour des besoins de circulations fluviales, elle est une porte d'eau aux multiples visages dont on ne peut que les supposer. Les arches seront mise plus tard sans en connaître sa date. Le pont des Trous sera classée "monument" le 12 décembre 1947.

Début du XXI siècle, dans le cadre du projet Seine Nord-Europe, l'architecture des arches du pont est à nouveau remise en cause. Divers projets d'aménagement visent à élargir l'arche centrale. Ces projets ont été choisis bien qu'un projet de contournement du pont, plus coûteux, ait été proposé. Il y eu bien en 1939 (et un peu avant) le choix d'effectuer un contournement, mais l'actualité fera changer ce choix car le 19 mai 1940, l'arche centrale sera dynamitée par les Anglais. Les arches restantes furent détruites en 1946 et remplacées par 3 autres n'ayant plus les mêmes proportions, la centrale devenant plus importante et prévue pour le passage des péniches de 1.350 tonnes. Les tours seront rehaussées de 2m40 au moyen de vérins. 1986, la tour de Thieulerie sera reconvertie en restaurant. Les travaux supprimeront sa fonction de porte en y plaçant des w.c. Il était un lieu de visite très apprécié de l'Escaut via des petits bateaux que l'on appelait "Bateau-Mouche". Le restaurant fermera ses portes

Le 31 juillet 2019, la politique locale et la région wallone (propriétaire) détruisent à nouveau l'arche au vue d'élargir l'arche centrale et de réabiliter les quais. Les tours subissent également une énième rénovation bien méritée.
Il a été convenu que l'arche soit entièrement démontée et refaite dans le même style. L'arche centrale sera agrandie pour laisser passer des bateaux de plus grand gabarit. Cette actualité a d'ailleurs fait couler énormément d'encre sur le devenir final de cette arche. Des journaux dans le monde entier ont même fait sous- entendre que le pont entier allait être démonté ce qui a davantage fait grincer des dents.
Voulant le rendre moderne, le gouvernement a été contraint de revoir son projet grâce aux Tournaisiens et en particulier à des associations de défense du patrimoine afin que ce dernier conserve son cachet médiéval.

Un grand merci à Aurélien Sinzobahamvya alias ADAslice pour cette suoerbe vue 3D du pont des trous avant sa transformation.
La rive gauche
La rive droite
La tour Henri VIII.
Elle se situe dans le parc Henri VIII au croisement de la place Verte, de la rue du Rempart, de la rue du Château et de l'Avenue Leray
En 1513, le roi d'Angleterre Henri VIII prit possession de Tournai. En 1515, le gouverneur anglais décida de faire construire un «château», c'est-à-dire une citadelle sur la rive droite de l'Escaut. La partie nord de la ville fut séparée du reste de l'enceinte par un fossé et une muraille qui passaient par la rue Joseph Hoyois et la Place Verte actuelle.

Le château occupait presque un huitième de la superficie de la ville. À l'une de ses extrémités, une tour massive, dite «Grosse Tour» , "la tour Anglaise" ou Tour Henri VIII, servait de donjon. La citadelle fut démantelée en 1667, après la prise de la ville par Louis XIV. Il n'en subsiste que la Tour Henri VIII. Cette construction massive a un diamètre de 25 m et ses murs sont épais de 6,25 m à la base. La Tour sera restaurée en 1854.
Lors de l'arrivée du chemin de fer en 1842, une ouverture fut pratiquée pour le passage des trains ; la gare se situait alors sur le quai de l'Arsenal

Depuis 2008, ce vestige du temps passé est entouré d'un immense échaffaudage inutile et inesthétique qui faisait croire à sa rénovation. Hélas à l'abandon depuis tout ce temps, elle vient d'être rachetée par son propre vendeur, la ville de Tournai en 2017 pour  5240 € (il était vendu pour 1€ symbolique ...) Longtemps le Musée d'Armes et d'Histoire Militaire de la ville, espérons que ce bâtiment va retrouver sa gloire du temps passé ...

Source principale : Wikipedia et La une

On en parle
Les tours St Jean.
Les tours St Jean se trouvent sur le côté droit du parc Marvis, derrière la caserne St Jean. Ces 2 tours sont souvent confondues avec les 2 tours Marvis. C'est grâce au léger décalage du boulevard Walter de Marvis, ces tours ont été préservées. Ces tours sont érigées en calcaire de Tournai et sont précédées de douves et sont circulaires. Ces ouvrages défensifs sont dotés d’archères philipiennes dont certaines sont renforcées d’un étrier, baie placée sous l’archère permettant les tirs défensifs vers la base de la tour. Ces percements sont également visibles à la porte de la Thieulerie (Pont des Trous).

Les tours Marvis.
Les tours Marvis se trouvent sur le côté gauche du parc Marvis (la partie vers l'Escaut) face au célèbre Bastions. Ces 2 tours sont souvent confondues avec les 2 tours saint Jean. C'est grâce au léger décalage du boulevard Walter de Marvis, ces tours ont été préservées
Ces tours sont érigées en calcaire de Tournai et sont précédées de douves. Les tours de Marvis disposent d’un plan en U, qui permet de défendre davantage les côtés latéraux ainsi que le chemin de ronde. Ces ouvrages défensifs sont dotés d’archères philipiennes dont certaines sont renforcées d’un étrier, baie placée sous l’archère permettant les tirs défensifs vers la base de la tour. Ces percements sont également visibles à la porte de la Thieulerie (Pont des Trous).
Un bout de la porte de Marvis.
Ce bout de mur se trouve à l'entrée de la rue Saint-Brice devant nous lorsque nous arrivons de la chaussée de Bruxelles elle fait le coin avec l'avenue Bozière. La porte de Marvis y était accrochée. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le bas. Une pierre au sol possède un trou dans lequel pivotait la dite porte.
Ses vestiges
Ils ne sont plus là mais parfois ils ressurgissent
On retrouve ici et là des segments de vestiges des fortifications en retrait par rapport aux boulevards souvent dans des jardins ou encore des segments de souterrains reconvertis en cave ou entre 2 murs de maisons.
D'ailleurs, la plupart des villes fortifiées au Moyen Âge jusqu’à l’époque de Louis XIV ont vu les fossés le long de leur enceinte la plus large se transformer en parc au tournant de l’ère industrielle pour permettre aux riches familles installées à l’extérieur des centres-villes surpeuplés de profiter d’espaces verts. Puis la venue de l’automobile va transformer les accès en voies « rapides» appelées boulevards. Le site dit « les Bastions » près des tours St-Jean et Marvis en est un très bel exemple. C’est pour cette raison que l’on possède encore des arbres centenaires. D’où l’intérêt de protéger ces espaces aujourd’hui…
La porte de Lille
Même si elle n'existe plus, on en a gardé le nom. La porte de Lille devenue une zone de la carte a réellement existée. Cette porte aurait volé en éclat lorsqu'un sergent de Napoléon y aurait entré, pipe au bec, là où on y avait entreposé la poudre noire.
La tour Montagu.
Mai 2011, les fouilles menées pour la Région wallonne par Isabelle Deramaix ont apporté leur lot de trouvailles. Les traces d’habitat des XVe au XIXe siècles cèdent le pas en importance à ces structures à peine dégagées du sol. Devant les bases exhumées, l'archéologue retrouve « tourné vers l'extérieur, une partie du fer à cheval originel. Le mur est formé de moellons de calcaire local, fort bien appareillés ici alors qu'ils le sont moins à l'intérieur. Cette façon de faire est identique à celle utilisée pour la rive droite. La ville construisant sa grande enceinte dès 1277, la Montagu eut un très court rôle défensif. Elle servira donc à l’habitat ou plutôt de dépendances.

Morceaux de texte et photo repris d'un article intéressant du journal L'avenir accessible en cliquant ici.
Tour Montagu ©EdA
La tour du "marché aux jambons".
Construite entre 1277 et 1315, elle se situait à la rue du Marché au Jambon. Elle a été découverte en août 2013 lors de travaux de terrassement. Elle complète ainsi un tracé plus précis de cette fortication.
Elle se trouve entre la porte Ferrain et la tour du Cygne. L’appellation Marché au Jambon est relativement récente et semble d’usage au XIXe siècle. Il s’y tenait, le Vendredi Saint, un marché de viandes fumées.
Les fondations ont été rebétonnées après études complètes.
Des murs de la 2ème enceinte près de la Tour Henri XVIII
Dans le cadre des travaux de la place Verte qu'à l'angle de celle-ci et de l'avenue Henri Paris, des murs d'enceinte ont été repérés par les ouvriers. Rapidement appelée sur place, Isabelle Deramaix, archéologue du service public de Wallonie, a pu mener des fouilles l'espace d'une journée. Elle a mis au jour des murs et un escalier datant du 13ème siècle dans le prolongement desquels est venu, au 16ème siècle, se construire la Tour Henri VIII.
Le mur de la rue Claquedents.
Rue claquedent, un mur contigüe de maisons en cours de démolition mais en évidence un mur de rempart de la seconde communale. Sur un plan de 1667 est un mur d'élargissement des remparts pour les canons.
La tour du "Jardin".
Tour Montagu ©EdA
30 mars 2022, découverte d'un vestige d'une tour du premier rempart que j'ai appelé la tour du "Jardin". Cette découverte fait suite au travaux de rénovation de la rue Royale, une des artères de la ville.
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